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13 décembre 2018

C’est la plongée de Noël aujourd’hui. Stéphanie a mis des autocollants de sapin de Noël et de bonhommes de neige et ajouté quelques guirlandes sur les zodiacs. Quelques camarades plongeurs ont campé un bonnet rouge à pompons blancs sur leur tête. Et nous voilà partis pour la passe de Boulari à fond de train, sautant de vague en vague et régulièrement arrosés d’embruns. Peu importe, il fait grand soleil et l’eau est chaude. Et nous sommes en route pour plonger.


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« Oui, on a fini la bûche, vous en vouliez ? »


Beaucoup de baptêmes aujourd’hui, Thierry décide de larguer les niveaux 3, c'est-à-dire Pascal et moi, à l’extérieur de la passe. Le courant est rentrant, nous avons chacun nos parachutes, à nous de nous débrouiller pendant qu’il s’occupe des futurs nouveaux plongeurs. Nous voilà donc partis pour notre dérivante.
Au départ pas grand-chose de notable, l’eau est un peu trouble. Un nuage de méduses inoffensives entre la surface et dix mètres, des bancs de chirurgiens en quantité qui semblent se régaler eux, mais quant à nous pas grand-chose à nous mettre sous la dent. Nos amis les requins ont disparu ou se font des plus discrets. Alors toujours en pleine eau dans le courant, j’entame le virage à gauche dans la passe en tentant de viser la petite colline du milieu, bien nommée « secret ». Enfin, je l’aperçois. Et aussi quelques requins. Mais ils sont moins d’une poignée, et ma foi, je commence à douter du Père Noël.
Mon binôme Pascal, réputé pour sa très grande capacité pulmonaire me signale sa demi-bouteille malgré son cylindre 300 bars. Nous entamons donc la remontée vers la fameuse patate Manta. Et là, enfin les premiers cadeaux prennent la forme de trois raies Manta. Je me lance dans mon petit jeu favori qui consiste à les rattraper à la nage. Elles viennent à cet endroit pour profiter de la multitude de petits poissons qui se font un régal de leurs nombreux parasites. Nageant très lentement à contre courant, elles paraissent presque immobiles. Ce n’est hélas qu’une impression comme je m’en aperçois. Heureusement, j’ai de grandes palmes, comme disent mes camarades.
Pour les approcher de très près, il faut arriver dans leur dos, par en dessus, et si possible sans respirer. Ceci est d’ailleurs vrai pour tout type de raie ou de requin. Et c’est d’ailleurs la méthode que les requins utilisent eux même pour s’approcher de vous sans que vous vous en rendiez compte. Mais par rapport à nous, ils ont l’avantage d’avoir des nageoires bien plus efficaces que des palmes même grandes et de respirer sans bruit ...


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Chut ! Elle ne s’est rendue compte de rien


Enfin, avec un peu de pratique et une bonne inspiration, vous pouvez arriver près, si près à pouvoir toucher la raie Manta, attraper d’un geste vif les juvéniles de carangue speciosus jaune vif tigrés de noir qui devancent sa bouche ou les labres nettoyeurs bleu rayés de noir qui préfèrent sa queue. Je remarque à droite de la tête de la plus grosse des Manta une entaille de près de cinq centimètres de profondeur : trace d’une ligne de nylon ou d’un filet ? C’est vrai, il y a de la magie à accompagner l’espace de quelques instants ces majestueux vaisseaux océaniques. Que dire quand ils sont trois en formation, l’un derrière l’autre, et que vous complétez l’escadrille l’espace de quelques minutes trop vite envolées.


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Juvénile de caranx speciosus


Voilà, elles sont déjà parties sans même s’être rendu compte de votre présence et de vos pitoyables efforts pour les suivre. Il ne vous reste plus qu’à en rêver la nuit et y retourner le week-end suivant pour tenter une nouvelle fois votre chance.
Après une dizaine de minutes de palmage effréné, le manomètre vous ramène durement à la réalité. La fête est finie. Pascal envoie son parachute et nous voilà de nouveau en surface, sous le soleil ballotés par la houle, des Mantas plein les yeux. Nous en profitons entre deux vagues pour raconter notre petite aventure tout en observant le zodiac jaune toujours à la bouée à un mile de là. Rien ne semble bouger alors nous prenons notre mal en patience.
C’est alors que je remarque à dix mètres de nous une tâche marron juste sous la surface. Sûrement une tortue, enfin c’est la réflexion que je me fais. Et puis je la trouve bien grosse et comme aucune tête curieuse de tortue ne crève la surface, je remets mon masque pour jeter un œil par en dessous sur cette tâche qui se rapproche. Un dugong ! Incroyable, c’est le premier que je vois en entier depuis que je suis arrivé. D’habitude on ne voit qu’un bout de museau ou alors avec de la chance une queue en croissant qui signale la disparition de l’animal en plongée. Et jamais dans une passe !


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Un dugong, ou vache de mer



Mais là, l’animal est juste là, à trois mètres de nous, de côté en train de nous regarder d’un œil. Je distingue de nombreuses cicatrices sur son dos, des traces d’hélices ? Et deux gros rémoras qui lui tiennent compagnie. Il nous contourne lentement puis disparait comme il est venu. Ah, oui, je crois au Père Noël !

Un très Joyeux Noël à toiutes et à tous !

Des bises et à bientôt

 

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Ce samedi 16 décembre, suite à la tempête qui a sévi en début de semaine, les morses de callelongue, se sont mobilisés pour remettre en place le ″Barracuda II″.

Notre embarcation a été emportée par les vagues qui montaient dans la calanque et sur le glacis du petit port. Celle-ci s'est retrouvée hors de sa remorque à cheval sur un petit muret, bref en mauvaise  posture.

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Après, remise de notre ″Barracuda II″ bien à plat sur le glacis, avec l’aide de Jeannot (celui du cabanon siam fatigua) et de son petit chariot, avant de le remettre sur sa remorque, qui elle aussi était dans un état lamentable.

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Roue droite complètements de travers car son axe était tordu, d’où redressage de l’axe par Frédéric tenant un marteau et Luc tapant sur ce marteau avec la masse, ce fut un travail titanesque, digne des grands Morses du bout du monde.

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Mise en place d’un nouveau treuil sur la remorque, remise en place du Barracuda sur la remorque après pas mal d’efforts et de sueurs, malgré le mistral et le froid qui régnaient en maitre sur le port.

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Tout cela nous a pris plus de 3 heures de boulot, d’où l’apéritif convivial dans nos locaux qui s’imposait.

Parmi les grands moments d’une aventure figurent indéniablement la préparation. Marc nous a suggéré pour la semaine du 1er Novembre une expédition près de Poum, dans la pointe nord du caillou, pour plonger sur la passe de la gazelle et celle de Poum. Peu de monde a eu la chance d’aller plonger dans ces eaux, au moins ces dernières années. Mais aidé du guide des sites de Pierre Larue édité en 1995 que l’on ne trouve plus qu’en Bibliothèque, il a su nous mettre l’eau à la bouche. Il faut dire que les descriptions des plongées auraient de quoi motiver le plus blasé d’entre nous. Comment donc résister au plaisir de quelques citations :

« Dans une petite vallée qui remonte vers le lagon, le poisson foisonne : un important banc de carangues, d’énormes loches carites, des raies léopards, des requins gris de récif du plus petit au plus grand, des requins taureaux et, parfois, un requin baleine, y transitent. »

Ou encore :

« C’est le point de départ d’une exceptionnelle plongée dérive, réservés aux plongeurs confirmés. Le courant est toujours rentrant et impose un bateau suiveur et une bouée de surface pour la récupération des plongeurs dans la passe lorsque la mer se lève. C’est la plongée où l’on peut tout voir : requins gris de récif, à pointes blanches, requins marteaux et taureaux, des escadrilles de raies léopards (en hiver), des bancs de bécunes, de carangues, de platax, de chirurgiens, et des tortues peu farouches »

Marc nous a préparé un petit fascicule, traduisant les amers du Guide de Pierre Larue en coordonnées GPS, transcrites sur des photos satellites du portail Georep (mise en place par le Gouvernement de Nouvelle Calédonie, histoire de faire concurrence à Google Earth). Il a également pris contact avec son ami Jean Pierre, fils d’un ancien capitaine de la marine marchande de nationalité grecque retraité sur le caillou, et propriétaire bienveillant du bout du bout de la presqu’île de Golone, où nous irons établir notre base.

Enfin un endroit merveilleux en bord de mer où l’on peut camper en toute tranquillité.  Passé le dernier col, nous trouvons un petit havre de paix en bord de plage, protégé du plus fort des alizées par un bout de mangrove et du plus brulant des rayons du soleil par quelques arbres encore vert.  Quel meilleur endroit pour établir nos tentes, sortir table et chaise pliantes, étaler une grande natte sous un taud de soleil et attacher son hamac entre deux branches opportunément placées ? Ah le plaisir de bonnes siestes au retour de plongées la casquette sur les yeux un livre entrouvert sur la poitrine en guise de couverture.

Le Paradis. Enfin presque, Thierry nous a prévu des quarts de gonflage. Il n’y a malheureusement pas de club à moins de deux heures de routes aussi nous avons du amener une collection de bouteilles et un compresseur thermique. Nos seuls voisins Michel et Malika, un couple de retraités venu passer un mois sous tente à Golone avec leur bateau et équipement de pêche (traine, jig …), sont heureusement de bonne composition. Vu que nous n’avons qu’un compresseur, on gonfle péniblement bouteille après bouteille en continu de midi à la nuit tombée. Ils sont même si sympathiques qu’ils nous offrent un thazard si énorme qu’il suffira à rassasier les dix huit plongeurs que nous sommes.

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Quart de gonflage, ne pas s’endormir : purge toutes les 20 mns !

Car heureusement, si l’organisation garde un petit côté militaire, il n’est pas question de rations de combat déshydratées au diner. Ce sera marmite tout d’abord de crabe de cocotier avec aïoli.

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Sur le caillou, à défaut d’oursinade ou sardinade, des crabinades !

 

Ou encore thazard en sashimi puis étuvé dans sa papillote avec filets huile d’olive et citron décoré de rondelles de tomates … 

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Petit cours sur la manière de lever les filets d’un thazard

Et les plongées alors ? Un peu de patience, elles arrivent. Et puis, ce serait trop fastidieux de tout raconter.  Aussi partageons les moments les plus marquants en quelques phrases. De toute façon, la magie des mots fait la moitié et votre imagination fera le reste. Voici ce dont je veux garder le souvenir.

Une descente dans le bleu sur le mur de la pointe nord du grand récif de Koumac, une paroi parfaitement verticale dont on ne voit pas la base. Et pourtant, l’eau est si transparente que la visibilité doit approcher les cinquante mètres. C’est le moment de plonger la tête en bas en vidant ses poumons et de se laisser glisser : 10 … 20 … 30 … 40 … et  50 mètres. Je m’arrête pour voir si mes binômes m’ont suivi. Tout est ok, je guette si Clotilde qui n’a guère l’habitude de ses profondeurs n’est pas en panique. Elle a les yeux qui sourient. Fin narcosée, mais contente, elle n’a pas du avoir le temps de vérifier la profondeur sur son ordi, tout va bien.

Marc fait craquer une bouteille en plastique vide dans l’espoir d’attirer un requin. En voilà un gris qui s’y laisse prendre. Curieux du bruit, il s’approche et se retrouve un peu coincé parmi nous dans une échancrure du récif. Après quelques parades d’attaque ou contorsion d’intimidation, il trouve une sortie et s’échappe.

Dérivante dans la fausse passe de la Gazelle, c’est le rentrant est le courant est fort. Mise à l’eau côté sud. Nous croisons sur un fond de 20 mètres un gros requin gris qui a dû être effrayé par un groupe plus en aval.  Je ne résiste pas au plaisir de lui bloquer le passage pour le voir passer au plus près. Le courant nous entraîne et je poursuis dans mon objectif de tenter d’atteindre l’ilot Carey soit un peu plus de 800 mètres en ligne droite.  Nous survolons le fonds à grande vitesse. C’est plutôt pelé, la marque de fort courant, avec quand même quelques collines. Et surtout des anfractuosités de plusieurs dizaines de mètres dans lesquelles s’abritent la vie. C’est le moment de sonder  et nous aussi de nous abriter du courant pour profiter des splendides gorgones et surtout de la multitude de loches marbrées (malabaricus). C’est la période de reproduction des loches et je réalise que nous venons de découvrir un second site de ponte, qui n’a rien à envier au mur aux loches de la passe de Dumbéa. Il y en a dans chaque recoin, qui s’échappent au fur et à mesure que nous remontons l’anfractuosité. A 20 mètres en seconde plongée, les paliers s’accumulent et il nous faut malheureusement interrompre notre survol pour revenir en surface. Et nous voilà flottant vers l’ilot Carey, survolé par quelques fous curieux de ces intrus qui voudraient mettre pied sur leur royaume.

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Où suis-je ? En dérive avec des fous au milieu du lagon

C’est déjà le mercredi 1er novembre. La troupe des camarades plongeurs trop pressés retourne en convoi sur Nouméa. Je décide pour ma part de rallonger le séjour pour finir la semaine. Surtout que Thierry a bien voulu me laisser quelques précieuses bouteilles pleines et que Jean Pierre est prêt à me remmener sur ces sites qui méritent certainement plus qu’une unique plongée chacun.

Et bien m’en a pris, car je suis invité le soir même par les voisins pêcheurs. Au menu, langouste porcelaine.  Sans être marseillais, elle est énorme, c’est la plus grosse que j’ai jamais mangé. Un vrai régal. Même à sept dessus, il a fallu s’y reprendre plus d’une fois pour la finir. Et en guise de dessert, me voilà convié à une ballade jusqu’à la baie du croissant le lendemain. Heureusement, car tant de plongées et de ventrées de fruit de mer m’ont un peu fatigué.

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Non, Jean-Mi : impossible de la cacher dans un faux bi ou une poche de stab

La baie du croissant est une carte postale. Nichée dans un amphithéâtre qui interdit tout accès sauf par la mer, elle renferme une plage magnifique et ombragée, de plusieurs kilomètres de forêt et cocotier et qui pour une fois n’est pas défendu par un platier corallien. Personne n’y habite. Nous avons donc ce joyau pour nous seuls, si ce n’est pour être honnête un dugong qui disparait toutefois sous l’eau en nous saluant de sa queue.  

Déjà Vendredi. Ce seront mes dernières plongées avec le bateau de jean Pierre et mon fidèle moulinet que je traine depuis le Mozambique. J’y ai accroché un pare-battage qui servira de repère à Jean Pierre. Nous irons d’abord à la passe de Poum puis à celle de la gazelle.

Poum a l’avantage d’être toujours rentrant. C’est ce que dit le guide des plongées et c’est ce que je vérifie. Plouf, je fonce droit vers le fonds en dévidant mon moulinet pour ne m’arrêter qu’à quinze mètres sur le corail. Le temps de me remettre d’aplomb et voilà deux albi marginatus et quatre gris qui m’entourent de tous les côtés, sans aucun doute attirés par le bruit de ma mise à l’eau. Je les laisse approcher jusqu’à quelques mètres pour profiter du spectacle. Puis je me détends tel un diable sortant de sa boite et les voilà partis dans le bleu. Cette dérivante le long du tombant au milieu des bancs de poissons de toutes sortes, carangues gros yeux, barracudas, chirurgiens, anglais et même perroquets à bosse est un régal. Par deux fois, un albi vient me voir. Pierre Larue ne s’est pas trompé, c’est bien la plongée où l’on peut tout voir.   

Pour la seconde et la dernière, ce sera la passe de la Gazelle, dans le sortant. Nous faisons le trajet en empruntant l’intérieur du récif, survolant des fonds blancs à quelques mètres de profondeur. Ce qui permet à Jean Pierre d’éviter les très nombreuses patates de corail qui affleurent. Je décide de tester le nord de l’ilot Carey avec comme objectif de sortir à la balise verte qui marque l’entrée du chenal. Il y a peu de fonds au niveau de l’ilot, à peine dix mètres. Et tellement de lutjans que le récif disparait sous leurs nombres sur près de cent mètres. Puis le récif s’enfonce un peu et me voilà sur un plateau parsemé de patates et de gorgones. Le nombre de loches augmente progressivement pour devenir extrêmement dense. C’est bien là un site de reproduction. Et de plusieurs espèces, car outre les loches marbrées, il y a une grande quantité de mérous à taille blanche. C’est un vrai régal de s’avancer au milieu et de les voir s’écarter tout d’un coup dans un sonore coup de queue.

Voilà, la semaine est déjà finie. Et je n’ai qu’une envie, y retourner. Et pourquoi pas tenter la passe suivante au nord celle de Poum : la passe de Yande. Et surtout cette petite passe de Yande. Plus, c’est étroit, plus il y a du courant. « Uniquement pour les braves », comme dirait Thierry. La photo satellite semble me narguer ….

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A portée de palmes ? La passe et surtout la petite passe de Yande

La localisation

L'épave, en partie couverte par des filets de pêche, se trouve par 31 m sur un fond sablonneux, au sud-est de l’île.

Les coordonnées GPS sont 43° 11,693 N par 05° 14,111 E. 

L’épave

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Demeurent de l’avion, les ailes et le tronçon de fuselage entre le poste de pilotage et la queue. La cabine arrière, servant habituellement de soute à bombe est occupée par un réservoir auxiliaire. Les deux moteurs sont manquants. L’empennage arrière et le poste de pilotage ont disparu. L'épave offre donc peu d'éléments d'identification. 

Lors de la première évaluation de l’état de l’épave, il y avait une bombe au phosphore blanc de 50 kg dans un support, sous l’aile. Les plongeurs démineurs de La Marine Nationale sont venus récupérer l’objet. 

L’histoire

Les archives militaires et le KTB d’Istres livrent des informations intéressantes. Dans la liste des pertes, il est décrit, 12 mai 1943, un amerrissage d'un Ju 88 D-1 à proximité de l'Ile de Planier : 1(F) / 33 F - plan carré 5472/04 amerrissage forcé pour cause d'incendie moteur, équipage blessé, Junkers Ju 88 D-1, WNr. 430422, rupture radio. 

Le seul détail qui a fait avancer nos recherches est la bombe au phosphore de 50 kg. Elle nous indique, d’une part, que l'épave n’a pas été déplacée (sinon la bombe aurait été arrachée) et d’autre part, cela montre qu’il y a eu des modifications techniques non documentées sur ces Ju 88.

D’après les informations recueillies à partir de diverses sources, ce Ju 88 et quelques autres portaient parfois de petites bombes éclairantes de 50 kg localisées dans des espaces internes de charge. Cependant, pour ces longs vols de reconnaissance, ces espaces étant occupés par des réservoirs supplémentaires. 

Certains Ju 88 transportaient deux bombes éclairantes de 50 kg de phosphore sous les ailes pour ces missions nocturnes particulières. On a constaté cette modification et cette même configuration sur un des Ju 88 du KG 77 retrouvé en mars 1943 en Algérie. Ces Ju 88 éclaireurs, ainsi que les torpilleurs qui les suivaient, étaient si lourdement chargés en carburant ou en torpilles qu’il ne pouvait décoller qu’avec l’aide de deux fusées d’appoint, placées également sous les ailes et larguées après le décollage. Ces roquettes étaient équipées d’un parachute et réutilisées. Ces informations nous permettent alors de confirmer que l'épave de Planier était équipée pour une mission de nuit.