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13 décembre 2018

En ce dernier dimanche de septembre, Patrick nous a donné rendez-vous à Monieux pour découvrir les gorges de la Nesque, classées Natura2000.

Le nom de Nesque dérive d'Annesca, divinité romaine représentée sous la forme d'une femme porteuse d'eau et d'épis de blé, symboles de vie, de richesse et d'abondance.

La Nesque est une petite rivière qui prend sa source à Aurel sur le flanc Est du Mont-Ventoux. Elle a creusé son lit dans les calcaires de l'urgonien (130 à 125 Ma), constituant les monts de Vaucluse, formant les gorges les plus spectaculaires de Provence après celle du Verdon. Après le Village de Monieux, la Nesque disparaît dans les gorges du même nom qui sont longues de 25 kilomètres. L'entrée des gorges est marquée par le lac du Bourguet créé en 1965 lors de la mise en place de la base lance-missiles stratégique du plateau d'Albion. De sa source à l'entrée des gorges, les eaux de la Nesque entraînaient du XVIIIe au début du XXe siècle pas moins de vingt-huit moulins à grains. La région était autrefois le grenier à blé des pays du Ventoux. Après un court parcours à travers les monts de Vaucluse, elle se jette dans la Sorgue, peu avant Avignon.

Après avoir laissé les véhicules, nous rejoignons le village, en direction du GR. Très rapidement, le goudron laisse la place à un petit sentier qui longe l’arrière d’une maison. Le sentier s’élève pendant un moment, puis bifurque soudainement à gauche au niveau du panneau «le sentier des chapelles». Le point de vue sur le village, la plaine et le lac est dégagé.

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Après être redescendus, nous traversons la route et entamons, depuis un le belvédère de Castellas, la descente vertigineuse dans les gorges. Le sentier est difficile avec des passages rocheux sur des corniches surplombant les gorges.

Au fond de la gorge, nous atteignons la petite chapelle de Saint-Michel de Anesca, édifice modeste restaurée en 1643. Cette chapelle romane a été édifiée lors du XIIe siècle à l’abri d’un vaste surplomb rocheux. Elle dépendait de l’abbaye de Montmajour. Un pèlerinage s’y déroulait encore avant la seconde guerre mondiale tour les 29 septembre. Au cours des XVIIIe et XIXe siècle y vécurent des ermites dans une cavité dont l’entrée a été comblée.

 

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Juste après la chapelle, nous traversons le lit à sec de la Nesque. Le sentier, assez raide, remonte en rive gauche et offre de magnifiques points de vue, notamment sur le majestueux Rocher du Cire qui tire son nom des abeilles sauvages qui le peuplaient. Il surplombe le lit de la Nesque de plus de 250 m avec une falaise verticale de 200 m. Le site est évoqué par Frédéric Mistral dans le poème Calendal ainsi que dans ses mémoires.

De nombreux abris sous roche sont visibles dans les falaises des gorges. Ces abris sont dénommés en Provence des baumes ou bau (baou). L'une d'elles est devenue célèbre après la découverte, au XXème siècle, d'un campement de l'homme de Neandertal. Il s'agit de la Bau de l'Aubesier.

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Enfin, le chemin s’éloigne des gorges jusqu’à atteindre la balise «La Peisse» (725m). Nous abandonnons le GR, et filons à gauche en direction de Monieux, jusqu’au plan d’eau. La boucle est bouclée!

Photo: Patrick BERTRAND

Après la trêve estivale, Patrick nous propose une petite randonnée sans difficulté pour nous dérouiller.

Après avoir stationné les véhicules sur le parking situé à côté du port des Tamaris, dos à la mer, nous prenons une sente caillouteuse sur une cinquantaine de mètres. Au sommet, nous bifurquons à gauche, nous passons sous le beau viaduc en pierre du chemin de fer de la Côte Bleue et empruntons un chemin dégagé qui passe dans un sous-bois.

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Tout au long de la randonnée, nous cheminons sous des pins magnifiques, accompagnés par le chant des cigales. Nous traversons des vallons ombragés qui contrastent avec la garrigue sauvage. Lorsque la vue se dégage, nous pouvons admirer de beaux points de vue: de Carro à Marseille avec l’île Maïre et l’archipel de Riou.

En fin de randonnée, au débouché du vallon boisé d’Artou, nous traversons un tunnel-buse sous la voie rapide. Un peu plus loin, nous passons sur le pont pavé du chemin de fer et parvenons au village de la Couronne. Nous traversons l’anse de la Baumaderie et arrivons en surplomb de la plage de Sainte Croix encore bien fréquentée à la mi-septembre. Enfin, nous rejoignons la calanque de la Tuilière qui recueille un maximum de résidus de posidonie (plante aquatique), ce qui forme sur la plage des bancs entiers de cette plante qui protège le littoral. Les voitures sont à un jet de pierre.

Nous nous séparons, heureux d’avoir pris un gros bol d'air pur et de calme à l'écart du bord de mer surpeuplé dans un véritable havre de paix dans un espace naturel préservé.

Photos: Geneviève MARTIN

Les joyeuses marmottes de MSLC se sont donné rendez-vous à Larche (Alpes de Haute Provence) vendredi 6 juillet pour leur traditionnel week-end de fin de saison.

Après avoir investi les lieux, un gîte communal spacieux situé derrière l‘église, nous avons partagé apéritif et dîner copieux.

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Le lendemain matin, à l’heure fixée (8h00), sac sur le dos et armés, chose exceptionnelle, de bâtons (à cause d’éventuels névés), nous voilà partis à la découverte de la tête de Viraysse et de ses fortifications, les plus hautes d’Europe: 17 kilomètres et 1 150 mètres de dénivelé!

A deux pas de notre logement, nous prenons une petite route qui suit le torrent de Rouchouze et qui se transforme rapidement en piste menant à un point de captage d’eau. Puis, nous prenons à gauche à flanc de montagne. Nous cheminons entre des étendues fleuries.Nous entendons des cris de marmottes que nous apercevons au loin. Nous n’avons, malheureusement, pas pu les voir de près.

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La montée, assez raide au départ, nous conduit au col de Mallemort (2 558 mètres). En contrebas, nous découvrons les baraquements de Viraysse. Ces casemates, blotties au pied de La Meyna (3067 m), afin d’échapper aux tirs des canons transalpins, lugubres et inhospitalières, de même couleur que celle de la roche qui les entourent, sont en partie détruites. Elles ont fait partie du dispositif de défense de la ligne «Maginot», décidé en 1930, dix ans avant la montée du nazisme. Cette caserne qui logeait officiers, soldats et trains de mulets devait pouvoir protéger la batterie en cas d’attaque. Elle possédait un «édicule Goux», l’ancêtre de nos toilettes modernes.

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Nous approchons du but de notre randonnée. Nous empruntons un sentier qui décrit de larges lacets sur plus d’un kilomètre et qui demande une petite heure de marche. A l’origine, existait une étroite piste militaire carrossable qui menait jusqu’au sommet de la tête de Viraysse où se dresse la batterie de Viraysse (2 772 m). Il n’en subsiste que cet étroit sentier.

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La batterie de la tête de Viraysse est propriété privée. Nous n’avons donc pas pu y accéder.

La mission de la batterie de Viraysse, construite en 1885, était de surveiller la frontière et les débouchés possibles partant du col de Mouges au col de Larche. Elle était, en effet, la seule à avoir une vue directe sur l’Italie. Elle était prévue pour six canons Lahitolle de 95 mm.

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Au sommet, nous faisons notre pause pique-nique tout en profitant d’un superbe panorama sur l’Italie, le Mercantour ainsi que l’Ubaye.

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Nous empruntons le même itinéraire pour regagner notre logement et nous reposer afin d’être dispos le lendemain. Une petite incursion au col de Larche pour quelques emplettes nous permet de découvrir une œuvre de David Renaud, la « table relief » combinant la table d’orientation avec le plan relief des alentours.

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Dimanche matin, après avoir remis en état les lieux et chargé les voitures, nous quittons Larche à 8h00. Direction le col de Larche.

Nous sommes dans le parc du Mercantour. Nous empruntons un GR de pays qui longe le torrent de l’Orrenaye et qui constitue la partie la plus raide de la randonnée. Les paysages sont superbes dès le début. Les parties un peu plus pentues ne sont jamais très longues et nous parvenons à une bergerie en une heure environ. Un énorme troupeau de moutons et de chèvres aux larges cornes évolue à flanc de montagne.

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Nous cheminons tranquillement dans le très beau vallon de l'Orrenaye au milieu des marmottes que nous ne pouvons encore pas approcher. Nous progressons entre la masse du Bec du Lièvre qui culmine à 2 770 m au nord-ouest, et la Tête des Blaves (2750 m) à l’est.

Le torrent de l’Orrenaye nous accompagne en se déversant en petites cascades au pied d’un immense pierrier dont le gris métallique contraste avec le vert des pelouses alpines. Le chemin amorce une montée vers le nord-ouest.

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Au-dessus pointent les aiguilles de l’Orrenaye (2 833 m). Plus loin, le lac de l’Orrenaye (2 411 m) se niche en aval du sentier. Ses eaux reflètent toutes les nuances de bleu et de vert, et viennent battre une plage de cailloux ocres. Le lac est entouré d’un paysage de montagne grandiose où stationnent quelques névés, même en plein été. Au nord-est, la masse noire et torturée de la Tête de Moïse (3 104 m) domine le paysage.

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Les plus fatigués restent prendre un peu de repos . Nous, plus courageux, longeons la rive Est du lac et continuons jusqu’au point culminant de la randonnée, le col de Roburent (2 502 m) que nous atteignons après une trentaine de minutes d’ascension depuis le lac. Ce col marque la frontière avec l’Italie. Dans les pelouses au niveau du col se trouvent d'anciennes bornes frontière en pierre, marquées de la fleur de lys côté français et de la croix de Savoie du côté italien. Elles marquaient autrefois la frontière entre l’Italie et le Duché de Savoie.

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Du col, le Lac de Roburent (2 426 m) se découvre. Il est absolument magnifique avec sa presqu’île, entouré de verdure et le petit sommet dans le prolongement. Il est d’un bleu éclatant dans ce monde minéral. Le Monte Scaletta (2840m) à gauche et au fond les cimes frontalières du Mercantour.

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Remplis de toute cette beauté, nous prenons le chemin du retour. Nous retrouvons nos amis au bord du lac de l’Orrenaye et entamons la descente par le même itinéraire.

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14h00, la balade se termine.

Bravo, tout le monde est allé (presque) jusqu'au bout malgré un dénivelé assez important, et l’altitude.

Un grand merci à notre accompagnateur, Patrick, qui nous permet, tout au long de l’année, de découvrir des sites intéressants.

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En ce début d’année, nous nous retrouvons à Velaux pour une randonnée qui nous amène à la croix de Rognac et sur le plateau de l’Arbois battu par les vents où la végétation s’est adaptée. C’est un socle de calcaire qui culmine à 271 mètres et domine l’étang de Berre à l’Ouest et est dominé par Sainte Victoire à l’Est.

 

C’est en 1900 que la célèbre Croix de Rognac est érigée par Auguste Constant et Eugène Barthélémy. C’est une construction métallique dressée sur un socle de pierres maçonnées.

Placée au bord de la barre rocheuse du Cousta qui surplombe le village, elle est visible de très loin. Elle est éclairée la nuit.

Certains pensent que cet édifice pieux a été érigé pour célébrer l’aube du 20ème siècle. Mais, selon les croyances locales elle serait un cadeau de la part de la famille d’un enfant de quatre ans tombé de la falaise et ayant miraculeusement survécu.

Pour démarrer notre randonnée, nous empruntons le chemin du vallon du Duc qui longe des champs cultivés et qui passe entre des propriétés, parmi lesquelles la ferme du Vallon. En semaine elle accueille les visiteurs dans son cadre "nature" entre pinède et oliviers pour leur faire découvrir ses produits aux saveurs authentiques. Malheureusement nous sommes dimanche et les exploitants jouissent de leur repos dominical bien mérité et nous resterons sur notre faim.

Peu après, nous quittons la piste et prenons un petit sentier qui s’élève dans la garrigue jusqu’au plateau. Arrivé à celui-ci, nous prenons à gauche une piste que nous suivons jusqu’à La Croix de Rognac.

Le point de vue impose une petite halte. Nous avons une vue imprenable à 360°. Au pied de la falaise, de belles oliveraies précèdent le complexe industriel de Berre l' Etang.

Notre ami Patrick prie les dieux des randonneurs afin que le vent cesse … en pure perte !

Nous nous dépêchons de reprendre notre route car le vent est violent. Le chemin qui longe la falaise nous amène à un parking. Là, nous prenons sur la gauche une petite route qui va vers le domaine de Saragousse qui s’étend sur 20 hectares exploités depuis 1948 par la famille Robaldo. Elle produit un vin d’un délicat rose pâle et brillant, fruité aux arômes de pêche blanche et parsemé de notes minérales.

Au loin se profile la tour de guet. Nous ne nous y rendons pas afin d’éviter d’être davantage exposés au vent.

Après nous être restaurés à l’abri, nous poursuivons notre route au milieu d’une jolie plaine cultivée sur ce poumon vert qui est un véritable paradis pour les sportifs et les promeneurs.

Après le jas des vaches, un large chemin nous descend dans la plaine. Nous atteignons le chemin de l’Arbois puis celui de Marseille, terme de notre randonnée. Après l’effort, tradition oblige, nous partageons un gâteau des rois avant de nous séparer.

 

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Photos: Geneviève MARTIN

La Sainte-Baume forme comme une marche entre la Provence occidentale et la Provence varoise. Arbres majestueux et riches sous-bois cohabitent dans les vallons. Le massif offre un micro-climat très particulier. Les nuages arrivant de l’Est ou du Sud Est s’accrochent facilement le long de la crête. La forêt de feuillus y retient l’humidité. Il en résulte une richesse hydrologique importante, rare en Provence et une végétation originale, juxtaposant flore et arbres provençaux aux espèces alpestres.

 

Cette balade au départ d’Auriol, proposée par notre accompagnateur Patrick, nous a fait découvrir les multiples facettes de la Sainte Baume : vallons encaissés et humides, plateaux de garrigues emplis de lumière, pentes ombragées et fleuries, à-pics calcaires vertigineux, véritables balcons de la Provence.

Nous stationnons nos véhicules aux Encanaux, site remarquable de la commune d’Auriol, qui est le point de départ des itinéraires de randonnée vers le massif de la Sainte- Baume. Il offre aux visiteurs une promenade agréable le long de la rivière jusqu’à sa source. Le site est équipé de tables de pique nique et d’un parcours sportif.

Cinquante mètres avant le Pont des Encanaux, nous prenons à droite un sentier qui s’élève rapidement au dessus de la rivière. Cet ancien chemin muletier, comme en témoignent les soubassements en pierre sèche, permet de remonter le ravin des Infernets et celui de la Coutronne, jouant sans arrêt avec le lit du ruisseau. Celui-ci est non pérenne et progresse sur de belles dalles calcaires érodées en cuvettes. La végétation est mixte, mêlant joncs, prêle, chèvrefeuilles et végétation plus sèche telle que pins, argelas et pèbre d’aï...

 

Ce sentier nous conduit à un plateau dégagé puis jusqu’à une piste sur la droite, au pied du Tour Cauvin, dent rocheuse pelée. D'où le nom de tour chauve ou « cauvin ».

Au col de Cros, nous allons en direction du col de Bertagne à la végétation rase et sèche qui contraste nettement avec la forêt du vallon

 

Après avoir déjeuné au soleil à l'abri du vent, nous rejoignons un monument, dédié aux Excursionnistes morts pour la France durant les première et deuxième guerres mondiales.

 

Nous profitons du superbe point de vue :

au sud : la plaine cultivée de Cuges-les-Pins, l’île de Porquerolles, Bandol,

puis vers l’ouest, La Ciotat, la baie de Cassis, Marseille, le mas­sif du Garlaban, la Chaîne de l’Etoile et la descente vers Gémenos…

 

C'est déjà l'heure du retour par le même chemin. Un grand merci à Patrick pour avoir mené cette belle promenade et à tous pour la bonne humeur tout au long de la journée.

Photos : Geneviève MARTIN