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20 novembre 2018

En ce dernier dimanche de septembre, Patrick nous a donné rendez-vous à Monieux pour découvrir les gorges de la Nesque, classées Natura2000.

Le nom de Nesque dérive d'Annesca, divinité romaine représentée sous la forme d'une femme porteuse d'eau et d'épis de blé, symboles de vie, de richesse et d'abondance.

La Nesque est une petite rivière qui prend sa source à Aurel sur le flanc Est du Mont-Ventoux. Elle a creusé son lit dans les calcaires de l'urgonien (130 à 125 Ma), constituant les monts de Vaucluse, formant les gorges les plus spectaculaires de Provence après celle du Verdon. Après le Village de Monieux, la Nesque disparaît dans les gorges du même nom qui sont longues de 25 kilomètres. L'entrée des gorges est marquée par le lac du Bourguet créé en 1965 lors de la mise en place de la base lance-missiles stratégique du plateau d'Albion. De sa source à l'entrée des gorges, les eaux de la Nesque entraînaient du XVIIIe au début du XXe siècle pas moins de vingt-huit moulins à grains. La région était autrefois le grenier à blé des pays du Ventoux. Après un court parcours à travers les monts de Vaucluse, elle se jette dans la Sorgue, peu avant Avignon.

Après avoir laissé les véhicules, nous rejoignons le village, en direction du GR. Très rapidement, le goudron laisse la place à un petit sentier qui longe l’arrière d’une maison. Le sentier s’élève pendant un moment, puis bifurque soudainement à gauche au niveau du panneau «le sentier des chapelles». Le point de vue sur le village, la plaine et le lac est dégagé.

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Après être redescendus, nous traversons la route et entamons, depuis un le belvédère de Castellas, la descente vertigineuse dans les gorges. Le sentier est difficile avec des passages rocheux sur des corniches surplombant les gorges.

Au fond de la gorge, nous atteignons la petite chapelle de Saint-Michel de Anesca, édifice modeste restaurée en 1643. Cette chapelle romane a été édifiée lors du XIIe siècle à l’abri d’un vaste surplomb rocheux. Elle dépendait de l’abbaye de Montmajour. Un pèlerinage s’y déroulait encore avant la seconde guerre mondiale tour les 29 septembre. Au cours des XVIIIe et XIXe siècle y vécurent des ermites dans une cavité dont l’entrée a été comblée.

 

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Juste après la chapelle, nous traversons le lit à sec de la Nesque. Le sentier, assez raide, remonte en rive gauche et offre de magnifiques points de vue, notamment sur le majestueux Rocher du Cire qui tire son nom des abeilles sauvages qui le peuplaient. Il surplombe le lit de la Nesque de plus de 250 m avec une falaise verticale de 200 m. Le site est évoqué par Frédéric Mistral dans le poème Calendal ainsi que dans ses mémoires.

De nombreux abris sous roche sont visibles dans les falaises des gorges. Ces abris sont dénommés en Provence des baumes ou bau (baou). L'une d'elles est devenue célèbre après la découverte, au XXème siècle, d'un campement de l'homme de Neandertal. Il s'agit de la Bau de l'Aubesier.

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Enfin, le chemin s’éloigne des gorges jusqu’à atteindre la balise «La Peisse» (725m). Nous abandonnons le GR, et filons à gauche en direction de Monieux, jusqu’au plan d’eau. La boucle est bouclée!

Photo: Patrick BERTRAND