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25 janvier 2021

Pour la randonnée du jour (25 octobre 2020), nous avons rendez-vous à Mouriès, village typiquement provençal entouré de collines, de crêtes... et de plus de 80 000 oliviers.

Depuis plus d'un millénaire, la commune produit toutes sortes d'olives et surtout des olives cassées, une spécialité de la Vallée des Baux. Aux début du XXe siècle, Mouriès comptait onze moulins à huile, aujourd'hui il y en a trois qui sont toujours en activité et ouverts au public.

Nous démarrons notre randonnée à partir d’un parking. Nous prenons à gauche la route d'Eygalières et la longeons sur 500m, puis nous empruntons une route en terre qui va, peu de temps après, longer une partie du magnifique et réputé golf de Servanes. Lors de sa construction, des «villae» de l’époque romaine ont été découvertes. Après des fouilles préventives, les vestiges ont été recouverts pour éviter qu’ils ne s’abîment.

Nous nous rapprochons des petites falaises qui sont sur notre gauche. Nous suivons un sentier non balisé qui grimpe sur les crêtes et atteignons un petit plat (petite borne N°10 avec plaque céramique bleue). Nous sommes au pied des falaises blanches dites des "Caisses de Jean Jean".

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Les Caisses de Jean Jean, quel drôle de nom ! L’endroit appartenait à un propriétaire nommé Jehan. Quand son fils a hérité, on parlait des terres de Jehan, fils de Jehan….raccourci avec le temps en Jean-Jean.

Quant à l’origine toponymique de «Caisses», certains pensent à une origine pré-celtique (cal, car, cr = pierre), à moins qu’il ne s’agisse du provençal cais (pluriel caisses), la mâchoire, par analogie avec la forme du lieu, et les dents par rapport aux barres rocheuses découpées qui se font face comme les dents d’une mâchoire.

Cet opmpidum qui remonte à l’époque protohistorique (VIe au Ier siècle av. J.-C.) a été classé Monument historique en 1937, avec des vestiges de maisons et un rempart. Des objets divers (fibules, lampes à huile, lion de Servanes) et des gravures remarquables de chevaux et de cavaliers sont aujourd’hui conservés au musée départemental de l’Arles antique.

Nous longeons les caisses de Jean Jean pendant près de deux kilomètres. Nous remarquons un immense pied de lierre en forme de cœur, des vestiges de maisons ainsi que les bases d’une construction allongée, de grande dimension. Sa localisation à l’écart du village et sa taille font penser qu’il s’agissait d’une salle de réunion. Elle aurait pu également avoir une fonction agricole (grange, bergerie ?).

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Dix petites bornes réalisées par les élèves d’un collège de Tarascon ont été installées tout au long du sentier de découverte. Sur les bornes, les carreaux indiquent des numéros et des thématiques (faune, flore, paysage, patrimoine, activités humaines).

A la borne qui porte le numéro six, nous abandonnons le chemin principal et nous nous faufilons à travers une végétation dense pour nous rapprocher de la falaise. Nous découvrons alors une forme ronde à son pied. Il s’agit d’une tentative d’extraction d’une meule de moulin sur une strate verticale se trouvant dans une carrière datant probablement du XVIIème. Son emplacement s’explique par le fait que la falaise est composée de plusieurs couches. La première strate est de l’épaisseur de la pierre. Cette dernière était donc assez facile à détacher du mur.

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Pour la fabriquer, on pense que les hommes faisaient des trous autour de la pierre puis y mettaient de l’eau. Pendant l’hiver l’eau gelait et la roche cassait. C’est comme cela qu’ils parvenaient à lui donner une forme ronde.

On pense qu’ils réussissaient à la faire rouler jusqu’au moulin grâce à des rondins de bois. Dans le moulin, cette grosse pierre dure servait à moudre les graines ou à écraser les olives.

Nous longeons la falaise et rencontrons plusieurs groupes de grimpeurs. En effet, les Caisses de Jean-Jean sont appréciées par les grimpeurs qui ont installé des voies d’escalade sur les falaises. Chaque voie a un nom, certains sont écrits sur la roche.

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Un peu plus loin, une percée dans la roche nous permet d’admirer le paysage: à nos pieds, le golf de Servanne et des oliveraies.

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Le sentier de terre qui longe la falaise se termine. Nous empruntons alors, entre deux pierres, une petite route goudronnée qui traverse de belles oliveraies, direction le Cagalou, la Herrero, le Gour Blanc. Nous rencontrons des cavaliers et des cueilleurs d’olives.

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Au bout de 800m, nous atteignons le canal des Alpilles que nous suivons. Son parcours, d’une longueur de cinquante trois kilomètres comporte sept siphons, trois superbes aqueducs et sept tunnels dont celui des clapiers. Sans lui, il est probable que les agriculteurs auraient été ruinés, la sécheresse ayant sévi pendant plusieurs années. Mis en service en 1914, ce canal prend sa source à Eyguières, via le canal Boisgelin Craponne alimenté lui-même par les eaux de la Durance, et la transporte jusqu’à Fontvieille. Il peut servir aussi aux pompiers en cas d’incendie.

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Le long du canal et dans les oliveraies, pousse du fenouil sauvage. Ses feuilles et ses tiges anisées parfumeront quelques unes de nos préparations culinaires et notamment le poisson grillé.

Après avoir longé le mur en pierres d'une grande maison, nous passons devant les ruines de la ferme du Cagalou, un ancien puits puis la belle propriété d’Entremonts.

Nous voilà revenus au départ de la boucle. Au croisement des chemins, nous prenons à droite celui qui borde le golf (passage canadien) et qui permet de longer par le bas et, d'un peu plus loin, les "Caisses de Jean Jean" versant Sud que l'on a sur notre droite. Nous faisons une halte à la source de l'Olivier. L'ancienne pompe est un peu difficile à amorcer. Nous suivons ce chemin sur deux kilomètres environ et rejoignons une route goudronnée que nous empruntons quelques minutes avant de prendre à gauche une petite sente qui permet de longer la route tout en marchant dans la garrigue. Plus loin, nous passons devant le portail d'entrée du Château de Servanne .

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Un sentier nous permet de rejoindre la colline. Après une courte montée, nous suivons un chemin qui passe au bas d’une citerne réserve d'eau, puis, au bout d’un moment, nous rejoignons le parking et nos véhicules.

Geneviève MARTIN

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