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25 février 2024

Dimanche 29 mars 2015, après avoir rempli notre devoir citoyen, nous nous sommes retrouvés au pas de la Couelle, plus connu des cyclistes sous l'appellation « petit Galibier ». Un surnom bien prestigieux pour ce col à 560 mètres qui relie la vallée de l'Huveaune à celle de l'Arc entre la montagne de Regagnas et le mont Aurelien.

Couelle est dérivé du mot « Colle », pas du produit destiné à lier entre eux deux éléments, mais d'une colline.

Au départ du col, en parallèle à la longue piste qui monte, nous empruntons, sur la droite, un sentier balisé en bleu qui nous emmène sur des petites falaises, complètement à pic et assez escarpées. Ce sentier est pratiquement inutilisé car il est peu visible. C'est un petit sentier de crête, escarpé, mais dans l'ensemble facile, qui nous conduit au pied du mont Regagnas. Nous admirons de beaux paysages en bordure du vide : la plaine de Kirbon, la chaîne de la Sainte Victoire et la vallée de l'Arc.

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Trait d’union entre la chaîne de l’Etoile, qui coiffe Marseille, et le Mont Aurélien, qui coiffe Saint Maximin, le Regagnas s’étire d’Est en Ouest entre Bouches du Rhône et Var.

Dominé au nord par la Sainte Victoire (1011m), et au Sud par la Sainte Baume (1148m), le Regagnas culmine à 711m et ferme la plaine de la Haute Vallée de l’Arc.

La légende justifie ce nom en évoquant les luttes incessantes entre habitants de Trets et de Saint Zacharie pour occuper ce lopin de terre, et chaque fois qu’un parti prenait l’avantage sur l’autre, on disait qu’il avait regagné d’où « Regagnas » en provençal.

 

Nous suivons un petit sentier, parallèle à la route, qui se faufile entre rochers et végétation qui nous conduit à une esplanade à 649 mètres située sous le sommet, et nous suivons, à gauche, la route qui monte à celui-ci. La vue est magnifique dans toutes les directions.

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Le sommet est pourvu d’une grande tour de surveillance contre les incendies visible de loin. Cette vigie est gardée tout l'été par des pompiers qui surveillent le massif forestier et un éventuel début d’incendie. Certaines vigies, comme celle du Regagnas, font chaque jour des relevés météorologiques qui sont ensuite transmis par radio au CODIS: direction du vent en degrés, force du vent en km/h, température en degrés centigrades, hygrométrie en %. La vigie offre un vaste panorama: au nord la Sainte Victoire, au sud la Sainte Baume, aux pieds la Haute vallée de l’Arc.

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Nous revenons sur nos pas jusqu’à l’esplanade sous le sommet, puis suivons, à gauche, la piste tout en descente qui passe à travers une belle forêt composée, entre autres, de chênes blancs, de cèdres et de yeuses (chênes verts).

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Nous passons à côté des ruines de la Sérignane pour rejoindre le hameau du Kirbon qui a conservé un aspect rural avec sa petite plaine cultivée entre les collines et la montagne.

 

À Kirbon, on trouve du miel bio et du fromage de chèvre du Rove, en particulier la célèbre Brousse à certaines époques de l’année.

 

Au XIV siècle, à Trets, la communauté réglementait la "dépaissance" des chèvres et des moutons. Les chèvres fournissaient le lait. Les moutons la laine, vendue à Trets ou à des marchands d’Aix ou St Maximin. Les bovins peu mentionnés dans les archives devaient être rares. Mais les porcs étaient nombreux à être lâchés dans les bois communaux à l’automne, au moment de la glandée. Bois et terres agricoles étaient parsemés de ruches.

 

Nous nous remettons en chemin pour rejoindre le pas de la Couelle. Lorsque le chemin débouche sur la route, nous découvrons un monument à la gloire des Légionnaires des 11ème et 12ème REI. Après l’armistice, ces Légionnaires rescapés furent regroupés dans la région de Fuveau. Au repos forcé, mais pas inactifs, ils entreprirent, selon la tradition, des travaux et notamment à Saint Jean du Puy pour ouvrir « la route du Légionnaire ».

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Les voitures sont stationnées un peu plus haut. Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons à la Pastorale du Regagnas, sur la D.12. L’été, on y trouve les ânes, les chèvres blessées qui ne peuvent gambader… et la brousse du Rove au goût incomparable,

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Texte et photos: Geneviève MARTIN