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19 septembre 2018

Difficile de savoir à quand remonte ma dernière plongée de nuit … rien trouvé sur le carnet de plongée en 2009 … sûrement en 2008 !

Donc, j’ai saisi l’occasion – en fait, je me suis incrustée au trio de choc de RABA, Antoine, Patrick et Pierre – pour retrouver des sensations presqu’oubliées.

J’arrive péniblement au club ce vendredi soir vers 21 h 15 (c’est le début du week-end et beaucoup de monde se rend aux différents restaurants le long de la route qui mène à la calanque …)

Les gars sont en train de décharger leur voiture.

On décide du parcours : ils souhaitent se rendre à la grotte ! Bonne idée, sauf que je n’y suis plus allée, depuis un bout de temps, j’étais niveau 2 et j’avais fait la plongée avec Marie-Laure.

Nous palmons en surface pour le trajet aller, histoire de re-prendre des points de repère, de se mettre en jambes – un peu de courant rentrant et de s’échauffer musculairement – je sens l’eau fraîche (15°C). Le ciel nous gratifie d’un spectacle rare : la voie lactée illumine notre chemin, les falaises, la masse de l’île Maïre, y’a même des étoiles filantes.

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En se samedi 4 septembre,  mer calme,  beau  temps et aucun vent, tout été là pour une plongée sur le phare du planier.

une plongée mythique Le Chaoeun.

 L'histoire de ce naufrage.

Le 21 février 1970, le Chaouen, cargo battant pavillon marocain et faisant route sur Marseille avec à son bord 640 tonnes d'oranges.

La mer est calme, un léger mistral souffle.

Vers 22h30, le Chaouen heurte le sec de la Pierre à la Bague au Nord-Ouest de l'île du Planier.

Sa coque se déchire sur tribord et  finit sa course dans la petite crique à l'Ouest du Planier.

On ne sait toujours pas comment le navire en est arrivé là : Erreur de navigation, négligence du Capitaine ou de l'équipage ?

Malgré l'intervention du remorqueur Provençal 15, le Chaouen reste bloqué dans les rochers. Le Mistral s'étant levé, le remorqueur doit abandonner son sauvetage vers 2h30.

6h, l'eau a envahi les cales et la salle des machines.

A 13h30 le Capitaine Freton donne l'ordre d'abandonner le cargo, et trois quart d'heures plus tard le Chaouen se couche sur bâbord pour sombrer définitivement.

 Le Chaouen fut lancé en 1961 à Travemùnde en Allemagne. Cargo transporteur d'agrumes, il mesurait 90 mètres de long, 13,5 mètres de large et jaugeait 1.550 tonneaux.

Couché sur son flan bâbord, il repose à tout jamais par 15 à 30 mètres de profondeur.

Sa coursive tribord reste déserte.

Nous pouvons appercevoir sur son flan tribord, l’impact crée par le sec de la pierre à la bague.

Son hélice trois pales est toujours en place, concrétionnée et colonisée par de très belles gorgones;

Les treuils restent silencieux et immobiles à jamais.

Son mat de charge s’élance vers la surface, comme si il devait encore charger des marchandises.

Ses coursives ne sont  fréquentées, que par les plongeurs.

La salle des machines et ses deux moteurs de 1.370 CV reste silencieuse et déserte

Sa passerelle inanimée se découpe dans le bleu de la méditerranée.

Le WC et la baignoire de la cabine du commandant, n'est  fréquentés que par les photographes sous-marins qui trouve là un excellent sujet.

Voilà la petite histoire de ce naufrage, qui reste pour les plongeurs une trés belle plongée.

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Une palanquée Martine, Philippe, Serge, etcimg_3802

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Face à Marseille et à quelques encablures du château d'If, se trouve l'île Degaby (appelée aussi l'île Gaby)

Pour la petite histoire, ce serait un certain Monsieur de Tourville, à l 'époque de Louis XIV, qui aurait fait construire un fortin sur cette île.

( Elle est précédée de l'île Daume, de Doume, qui donna son nom au quartier d'Endoume) 

Cette île a été ensuite achetée à Liane Degaby (une artiste des années 1920) par un admirateur qui a transformé le fortin en résidence.

Après l’abandon du bijoutier Pascal Morabito, l'île a été acquise aux enchères, en 2001, par un groupe d'investisseurs marseillais constitués en société civile immobilière (SCI), parmi lesquels le marchand de biens Roland Marty et l'ancien gérant de la Société foncière d'études et d'aménagements, Georges Lefèvre, aujourd'hui décédé.

Elle devrait retrouver sa vocation première de fête, que lui avait donnée Liane Degaby et servira de lieu d’exception aux manifestations de Relations Publiques ou d’événements privés.

A l'intérieur de l'île, il existe un puits naturel, une grotte marine dont l'eau, suivant l'heure, prend des teintes bleues ou vertes.

L'île n'en finit pas de susciter curiosité, l'intrique et la passion, d'en appeler à l'imaginaire des hommes et de fendre de sa proue de rochers une mer toujours aussi bleue.

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Tout l'art est d'amener d'une main vers l'énorme tuyau de l’aspirateur le mélange de sable, gravier, caillou, coquillage.... Et la, le courant d'eau mis en mouvement pas un flux régulier d'air injecte a basse pression avale le tout pour le recracher a l'autre bout du tuyau un peu plus loin en une pluie de débris. C'est la fête aux poissons : a l'embouchure,  les rougets sont a l'affut des crustacés mis a nu, a la sortie le banc de sardines attendent le repas qui tombent en une pluie d'abondance. Mais, les plongeurs ont aussi la fièvre, celle de l'or ! Qui saurait dire si une pièce de huit ne serait pas enfouie juste la ?

Ce n'est pourtant pas une fouille archéologique, mais la réhabilitation du ponton de débarquement qui fait face au palais du gouverneur et aux bâtiments des douanes sur l'ile du Mozambique. Le mouillage bénéficie d'une situation exceptionnelle à quelques miles du continent, a l'abri de l'imposante forteresse San Sebastião construite en 1520 par les portugais pour protéger la route des Indes. La batterie de canon  a du voir passer plus d'un galion sur ce mouillage tout juste fréquenté aujourd'hui par quelques boutres aux voiles rapiécées. Et même de véritables batailles navales opposant les portugais aux hollandais sans succès.

 

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chasse

Commencé en 1802 avec tout juste quelques arches, le ponton a été allonge une première fois en 1875 d'une dizaine de piliers, puis en 1940 avec des poutrelles d'acier avant d'être remis à neuf cette année. Et ce sont mes trois camarades Ze, Dinho et Nuno qui ont remporté le lot des travaux sous marin. Pas mal pour un premier chantier, l'eau est limpide et chaude, les travaux se font à moins de trois mètres de profondeur parmi les poissons tropicaux multicolores et quant au cadre ...

Le temps semble s'être arrêté dans l'île musée chargée d'histoire. Même si la pendule du palais du gouverneur semble vouloir repartir sous les flashs des premiers touristes. Il faut dire que le patrimoine architectural est exceptionnel. Outre l'imposante forteresse et le palais, on ne compte plus les maisons de commerçants avec entrepôts aux rez-de-chaussée, les églises baroques et les mosquées, et même un temple hindou construit par les marchands indiens qui avaient obtenu le monopole du transport entre Goa, Diu et le Mozambique.

Voila pourquoi il n'est pas rare de trouver un morceau de porcelaine Ming sur la plage. Le musée comprend d'ailleurs une salle spéciale pleine de pièces d'argent et d'or mais également de vaisselle Ming. Dinho a d'ailleurs participé aux fouilles de l'épave dont une infime partie des trésors est exposée aujourd’hui au palais. D'où sans aucun doute sa passion pour l'archéologie, les pièces et son œil affuté pour tout ce qui aurait la forme d'un disque ...

Nuno lui garde toute son attention sur la carpe rouge qui grossit a vue d'œil depuis le début du chantier. C'est avant tout un chasseur sous marin, sans doute un des meilleurs spécialistes de ses eaux. Il faut frissonner à l'entendre raconter ses luttes pour sauver sa pêche et parfois sa peau avec les requins Zambèze, tigre ou blanc au choix,  pour comprendre que chasser dans ses eaux demandent quand même de garder un œil dans son dos.

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Quant à mon grand ami Zé Pescador faut il encore le présenter. Du moment où il a commencé à pêcher pour troquer ses poissons contre huile, lait... dans un Maputo encerclé par la guerre civile... il n'a plus vraiment quitté les eaux mozambicaines. Ce n´est pas tout à fait vrai puisqu' il revient de la pointe sud de Madagascar où il était invité par le Muséum d´histoire naturelle de Paris comme spécialiste coquillage dans leur dernière expédition de recensement de la biodiversité.

Et voila ma chance : un bout du monde truffé d´épaves avec compresseur, matériel de  plongée et boutre pour se déplacer sur le long du canal défendu par la majestueuse forteresse. Tout pour rêver et faire un voyage dans le temps. Et même l'occasion de manier la suceuse et de sortir moi aussi quelques souvenirs sous forme de bouteilles, boucles d´or, sifflet de bosco, pipes en terre cuite ... Pas de pièces d´or, mais c´est certain, si j´avais pu rester juste une journée de plus ...

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Destination proche de Marseille, on s’y sent chez nous, même si ce n’est pas tout à fait comme chez nous.

Que de similitudes entre la Corse et Marseille : côté plongée, les poissons, on les connaît tous ! Sauf que même si faut reconnaître que nous sommes gâtés, j’ai trouvé que sur certains sites là-bas, dans le golfe du Valinco, à Porto Pollo (chez Patrick, que notre Jean-Michel connaît bien aussi, enfin, pas aussi bien que Marie-Laure et Thierry …) y’avait beaucoup, beaucoup de vie !

Pour m’amuser, je mettais la main devant les yeux pour ne plus avoir à compter les mérous … Je me serais presque crue à la Gabinière, et pourtant j’étais bien sur le site des Aiguilles, avec 1 niveau 1 et niveau 2 en plongée de réadaptation, donc pas plus de 20 mètres.

 

Beaucoup de points communs aussi côté ambiance : structure commerciale ne veut pas forcément dire que les « clients » ne sont pas cools avec l’équipe. La preuve, une « habituée » apportait un gâteau maison sur le bateau pour
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que forcément, on aurait dit que j’avais confondu, ou que comme tout Marseillais qui se respecte, je faisais « la grande bouche » !Parce que les beaux (et très compétents) moniteurs qui font la saison à Porto Pollo Plongée, ne l’ont pas encore vu ce homard-là …

L’eau claire, très claire, que se soit au Rocher de Taravu – site magique pour les baptêmes, on peut y montrer des nacres, des flabellines, des girelles paon, de la murène, du mérou, de la dorade … sur les baptêmes – ou dans la Anse autre site de repli pour les baptêmes quand le vent se lève l’après-midi.

Apéro le soir après une journée bien remplie (en moyenne 2 rotations pour moi, 3 pour les autres moniteurs – mes oreilles : fallait que je sois raisonnable), Pietra Pression en général, sauf une fois à Campomoro (l’autre pointe du Golfe) où j’ai bu de la Colomba… Couchers de soleil magiques entre mer et montagne … Fraîcheur des soirées (tant mieux, on récupère bien) … Le charme de la Corse, de ses habitants avec l’accent qui fait qu’on a l’impression qu’ils posent une question à la fin de chaque phrase !

 

Porto Pollo Plongée accueille en septembre la finale des Championnats de France de photos en mer !

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