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4 juillet 2022

Pour ce dernier samedi d'Avril, Marc et moi avons réparé la serrure des toilettes de la gente féminine.

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Jean Pierre venu avec son bateau, nous a invité à  faire un tour en mer, du coup nous sommes aller retrouver nos morses et les "Bragards" de St Dizier qui étaient partis plonger sur les "Moyades" avec le "Toine". Arrivés sur le site nos morses étant toujours sous l'eau, nous les avons attendus patiemment en laissant l’embarcation en dérive.

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A noter que la veille nos "Bragards" ont pu immortaliser une baudroie que nos morses avaient déjà vu le samedi précédent

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Ivoire, pièces d’or et Martaban … (Trésors engloutis)

Totalement absorbés par leur chantier, nos camarades n’avaient que peu de temps à nous consacrer. Aussi Lluis, Esteban et moi restions un peu désœuvrés, livrés à nous même. Nous occupâmes facilement les premiers jours. D’abord à visiter la citadelle, en commençant par la magnifique porte d’entrée couronnée d’un blason sculpté dans la pierre. Nous fîmes le tour des canons imaginant sans peine une attaque de vaisseau hollandais. Nous descendîmes nous rafraichir dans la poudrière puis nous baigner dans la citerne qui récupérait une eau de pluie transparente. Et que dire de la petite chapelle de Baluarte. Construite en 1522 avant même la citadelle, elle trônait depuis près cinq siècles telle la figure de proue d’un vaisseau de pierre, à la pointe nord de l’île, surplombant la mer. 

Après ce fut le tour de randonner sur le continent. Le matin, nous abandonnions nos camarades à leurs travaux pour embarquer sur un des boutres depuis la plage voisine, afin de rejoindre un des multiples villages du continent. C’était l’occasion d’une paisible navigation dans la rade, de sympathiques rencontres avec les Macuas. Puis nous  prenions de petits sentiers qui débutaient souvent les pieds dans la boue au travers de la mangrove, se poursuivaient à l’ombre des cocotiers pour déboucher sur des plages sans fin bordées d’une mer turquoise. Une langouste ou un poisson perroquet multicolore à la braise en guise de déjeuner, une courte sieste et c’était déjà le moment de rebrousser chemin vers l’Ilha.   

Ensuite, nous prîmes le temps de décortiquer les salles du musée du palais du Gouverneur. Le bâtiment lui-même, dont les premières pierres furent posées par la Compagnie de Jésus peut être comme un jalon sur la route du Japon, méritait la visite. L’ajout de sculptures peintes en vert bouteille lui donnait une petite touche parisienne. Il rappelait l’admiration des portugais pour notre capitale au début du XXeme siècle. Mais ce qui nous fascinait surtout, c’était les collections du musée, en particulier celles extraites de fouille sous-marine. Elles nous rappelaient avec insistance les petites découvertes quotidiennes de nos amis.

***

« Vous devriez prendre quelques bouteilles et prospectez les abords de l’île. Des épaves, il y en a partout dans le coin. Des siècles de navigation à la voile, sans moteur, avec les courants et les récifs tout autour, cela en fait des occasions de sombrer. »

Comme à son habitude, Zé nous encourageait, nous aidait à construire et mener à bien nos projets d’aventures. Après tout, il avait raison : grâce au chantier et à la générosité de nos amis, nous avions à disposition compresseur, bouteilles et équipement de plongée. Par ailleurs, le raisonnement de Zé semblait des plus logiques : en quel autre endroit pourrions disposer d’un gisement d’épave potentiel aussi important ? A vrai dire, il ne nous manquait qu’une embarcation pour aller naviguer au gré de nos envies ! Qu’à cela ne tienne, Zé avait encore la réponse :

« Essayez donc d’affréter un de ces boutres de la plage. Je connais d’ailleurs un vieux capitaine à qui je pourrais vous présenter. Il s’appelle Inusso. Il est vieux c’est vrai. Un peu sourd et avec un début de cataracte, mais il connait tous les recoins. Du temps où il chassait, il a repéré plusieurs ancres et quelques canons : vous n’aurez qu’à lui demander. » 

Et voilà, c’était aussi simple que cela. Autant dire qu’avec un tel programme pour les jours à venir, nous n’arrivions plus à dormir. Et bien qu’en vacances, nous nous levâmes le lendemain encore plus tôt que nos camarades.

***

Inusso avait certes beaucoup de cheveux blancs et sa barbe était bien grisonnante. Son regard était légèrement voilé, mais sa posture indéniablement celle d’un marin. Il était assis les jambes croisées sur la plage arrière, le dos appuyé sur un sac de sable qui faisait à la fois office de coussin et de contre poids pour corriger l’assiette du navire. Son boutre répondait au nom de Mektoub. Comme son propriétaire, il n’était plus de la première jeunesse. La grande voile triangulaire en particulier avait sûrement connu des jours meilleurs. Elle était parsemée de plusieurs pièces de tissus qui tentaient, à défaut de réparer les outrages du temps, de prolonger de quelques années encore la durée de vie de ce voilier en bois qui prenait eau de toute part.

Inusso avait comme marin Abdul. Tout aussi âgé que le propriétaire, Abdul avait la silhouette légèrement affaissée d’un ancien colosse. S’il n’était plus très souple, il disposait encore d’une force impressionnante qu’il complétait par une grande expérience de toutes les manœuvres à accomplir.

A l’annonce de notre programme, les deux compères avaient tendu l’oreille et me semblait t’il ébauché un sourire, aussitôt réprimé. Comme toujours, il fallait d’abord palabrer longuement pour s’accorder sur un prix, même si la recommandation de Zé, qui du ponton nous saluait, nous vaudrait nous l’espérions un traitement de faveur. Enfin, mon sentiment était que nous avions trop envie de conclure de part et d’autre pour faire capoter la négociation. Aussi à peine trente minutes plus tard, nous étions à quai sous le compresseur à charger les équipements pour notre première virée.

***

Le Mektoub donnait l’impression de voler quelques pieds au dessus d’un sable rendu vert émeraude par l’eau limpide. Il se faufilait grâce à l’habilité de son capitaine entre les patates de corail cerveau. Inusso finit par jeter une ancre constituée d’un amalgame de fers à béton et de ciment en bordure d’un tombant que signalait une intense couleur bleue marine. Inusso était formel :

« Allez-y. Si vous descendez vous trouverez une ancre et des canons. »

   

Ce serait la première d’une longue série de plongées. Le choix des sites relevait à notre œil inexpérimenté du pur hasard. Et pourtant, à chaque fois, nous ne manquions pas de trouver une énorme ancre à jas ou des canons recouverts d’une croute de corail ou un lit de pierres autrefois utilisées comme ballast.

Le plus remarquable était l’immense quantité de bouteilles de toutes sortes et de toutes formes qui tapissaient les fonds. Parfois en verre soufflé pour les plus anciennes, parfois en grés pour les bouteilles de gins hollandais … elles semblaient avoir flotté comme des bulles en surface du sable sans jamais avoir été enfouie comme le reste de l’épave. Ou alors fallait-il imaginer des générations de marins multipliant les apéritifs, jetant par-dessus bord les bouteilles vidées tout en attendant la mousson pour continuer le voyage vers les Indes ?  

Une fois je trouvai comme une énorme amphore que je peinais à remonter en surface.  Je ne manquai pas de la montrer à Zé le soir même.

« C’est un Martaban. C’est une sorte de récipient qui vient d’Inde ou de Chine et qui servait à conserver la nourriture. Tu devrais demander à Ricardo, tu sais mon ami professeur d’archéologie avec qui nous sommes allés pêcher quelques fois. Lui saura t’en dire plus que moi ! »

Et voilà que nous étions songeurs à imaginer des jonques chinoises débarquant sur la côte Est de l’Afrique, quand Dinho pris la parole. Il nous raconta alors l’histoire d’une fouille à laquelle il avait participé. La cargaison avait livré quantité de Martabans, mais aussi tout un lot d’ivoire d’éléphants et d’hippopotames.  

« Encore aujourd’hui, dans la province de Cabo Delgado plus au nord, il peut y avoir des éléphants qui viennent jusque sur la plage. Vous n’en avez pas vu lors de votre croisière de Noël ? » nous demanda Nuno.

Et le lendemain nous repartions plonger avec l’espoir de tomber sur une défense d’éléphant plus grande que nous coincé entre deux rochers que nous auraient indiqué notre capitaine Inusso. 

***

Et puis un soir, nous nous retrouvâmes tous au restaurant en bord de mer, avec notre quai des douanes bien en vue.  Je m’en souviens parfaitement : c’était mon anniversaire. Nos trois amis nous attendaient avec des airs de conspirateurs. Or rien ne les trahissait vraiment, mais il y avait quelque chose dans leur attitude de singulier. Zé me tendit alors un minuscule paquet :

« Tiens, c’est pour toi. »

Je pris mon temps pour l’ouvrir tout en observant mes camarades. Mon imagination s’agitait dans tous les sens.  Une pièce. Une pièce d’or, fine comme du papier, avec le pourtour soigneusement strié entourant une abeille. Et quelques caractères à moitié effacés qui pourraient bien être des idéogrammes chinois ou asiatiques. C’est alors que Nuno chuchota :

« Ne dis rien, il faut garder le secret, mais on a trouvé une épave. »

Ma pauvre imagination avait fini de s’agiter, elle était maintenant tout en flamme. Un trésor ! Un galion ! Un vaisseau de l’empire des Mings rempli de coffres, de porcelaines, d’Ivoires … Il faut dire pour ma défense que ces dernières semaines avaient bien préparé un terrain déjà fertile à toutes sortes de divagations. 

Nous apprîmes peu de choses de nos camarades qui il est vrai n’en savaient guère plus. Nuno nous expliqua simplement la découverte. Par curiosité il était allé faire un tour du côté des anciennes piles de ponts. Ces dernières, si vous vous souvenez, avaient été déplacées à l’aide d’un radeau pour être immergées de nouveau sur un fond de sable à distance raisonnable du quai. Or les pourtours de l’île sont soumis à de très forts courants de marées. En quelques jours, les abords de chaque pile avaient été en quelque sorte balayés, laissant apparaître une curieuse structure. Nuno était formel : c’était une épave.

***

Le lendemain, c’était dimanche, jour de repos sur le chantier. Mais aujourd’hui, pas question de chômer. Nos amis allaient faire des heures supplémentaires, et nous allions bien entendu leur prêter main forte,  Lluis, Esteban et moi.

Le générateur sur remorque tournait à plein régime. Depuis le ponton, un étrange serpent de plastic de près de cent mètres de long ondulait vers la position des anciennes piles. A cet endroit un bouillonnement trahissait en surface l’activité intense qui se déroulait à quelques mètres de fond. N’y tenant plus, je m’équipai d’une bouteille pour rejoindre mes camarades. Chaussé de mes palmes, les jambes écartées et la main plaquée sur le masque, je sautai du ponton. J’avais à peine retiré ma main qu’un minuscule poisson jaune rayé de noir venait se coller à la vitre de mon masque. Un juvénile de carangue speciosus. Je ne saurai dire s’il me montrait le chemin ou s’il se contentait de me précéder mais je le prenai comme un heureux messager.

Après quelques minutes de nage, je retrouvai mes amis qui restaient concentrés sur leur travail. Ils avaient déjà dégagé quelques objets de forme diverse : boîtes de fer blanc qui faisaient penser à un lot de conserve, lanterne comme celle que l’on mettait à lavant des calèches. Zé avait mis la main sur un amalgame de pièces qu’il me tendit me faisant signe de le ramener à terre.   

Je ne perdai pas de temps à tremper l’objet dans un petit bac rempli de vinaigre blanc. Nous étions fébriles avec Lluis et Esteban. Aussi pour tenter de calmer nos nerfs nous partîmes prendre un café tout en poursuivant nos spéculations et en tentant avec difficulté de faire défiler les minutes. Sans grand succès, aussi nous finîmes par reprendre le chemin du quai pour examiner le travail du vinaigre sur le bloc de pièce.

« Tiens regarde là, on dirait une date !» s’exclama Esteban tout en grattant de l’ongle une pièce qui s’était détachée. « Dix huit cent trente deux … ».

Le phantasme d’un galion portugais ou d’une jonque chinoise s’évanouit à notre grand désespoir en l’espace d’un instant. Pour autant, ces journées à côtoyer les reliques d’un passé si glorieux et si plein d’aventures avaient marqués nos esprits. Ce devait vraiment être quelques choses d’être marin à bord de ces navires du temps de la conquête des océans.      

 

A l’initiative du comité Provence Alpes côte d’Azur et comité départemental 13 de la FFESSM et de la Fédération Française de Spéléologie,  (FFS) une session d’initiation à la plongée sous terraine était proposée les 2 et 3 avril  à cassis.

Le programme est alléchant, premier jour le samedi la grotte de Port-miou avec sa légendaire résurgence connue depuis l’antiquité.

Le lendemain dimanche la résurgence du Bestouan toujours sur la commune de cassis.

Trois de nos Morses se sont inscrits, Miria, Laurence et Bibi.

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Le temps n’est pas des plus favorable, houle, vent violent et température de pingouin, mais la sortie est maintenue, la calanque de Port-miou est bien abritée.

Rendez-vous de bon matin huit heure au parking des Gorguettes à Cassis pour nous regrouper dans les voitures.

Grosse doudoune bonnet vissé sur la tête, on arrive tous les trois presque en même temps sur le lieu de rendez-vous, on s’organise dans une bonne ambiance, efficace conviviale dès le départ, cet accueil très chaleureux par les 9 bénévoles pour encadrer les 13 participants de ce stage d’initiation nous réchauffe le cœur.

Ça rigole mais on sent tout de suite la puissance de l ‘organisation, trois fourgons bien plein de matériels, bi,  stab, casques, détendeurs, compresseur, matériel de sécu, leur efficacité et leur sérieux nous met rapidement en confiance.

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C’est qu’il en faut du matériel pour plonger en sécurité en souterraine, on nous briefe, tout le matos doit être en double, principe de redondance, en cas de défaillance, deux blocs séparés de même volume, deux détendeurs, au moins deux lampes deux masques etc… règle des quarts, on retourne quand on a consommé un quart de notre autonomie en air.

On respire alternativement sur un détendeur et puis sur l’autre pour garder la même pression dans les deux blocs séparés, tout doit rester à porter de main sinon de regard, la visi n’est pas toujours le point fort de la plongée en souterraine. On ne lâche jamais le fil d’Ariane.

Tout est dit c’est du sérieux nous sommes confiants et entre de bonnes mains.

Après une petite nage d’approche, en surface, de quelques centaines de mètres pour économiser notre air, nous y sommes;  un parachute au fond nous signale l’entrée de la grotte, organisation, planification au top.

C’est à tour de rôle par deux que nous entrons dans la cavité, mon cadre, (encadrant,) c’est Michel, les palanquées se suivent, je suis juste derrière celle de Laurence, Miria partira quelques palanquées plus tard.

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En attendant que l’entrée se dégage nous allons explorer une partie  latérale  d’où sortent les tuyaux de Rio tinto qui transportent les anciennes boues rouges vers le canyon de la Cassidaine, ambiance urbex mi grotte, mi industrielle, on se glisse entre les gros tuyaux et les poutrelles métalliques qui les supportent, au moins une palanquée précédente est déjà passée par  là, la visibilité n’est pas au top entre les posidonies mortes accumulées et le trouble causé par les palmages, précédents mais c’est une belle explo d’attente.

Nous ressortons c’est notre tour pour avancer dans la grotte, de nombreux coquillages jonchent le sol, coquilles d’huitres, de moules, de chlamys , l’entrée est tapissée d’huitres plates et vivantes, quelques violets sont présents aussi cela fait plaisir d’en voir là, on n’en rencontre plus beaucoup dans nos plongées classiques.

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Etrange sensation que d’avancer dans cet univers minéral qui se déroule sous nos yeux, la grotte est spacieuse, par endroit, l’éclairage des lampes fixées sur nos casques est précis mais pas très large, pour contempler il faut un peu se contorsionner en regardant par les côtés, en effet si on lève la tête  le casque heurte la protection des robinets, se déplace vers l’avant pousse le masque vers le bas , et on est bon pour un vidage de masque, pas top…mais bon un grand sentiment d’aventure dans un lieu pourtant très connu.

 La progression se poursuit derrière mon cadre, la vie fixée s’appauvrie, pas de poisson, on n’est pas là pour ce type de rencontre, mais tient !...

Luc

Tout de même, nous sommes observés, des centaines de paires d'yeux luminescents ponctuent les fissures sombres, des crevettes cavernicoles aux longues antennes blanches et aux pinces graciles  (Sténopus spinosus peut être)sont regroupées là en un amas d'étoile .

Quelques  bébés holothurise d’à peine deux centimètres, sontégalement présent posés sur le fond lisse. je n’en avait jamais observé de si petits. 

On continu dans cette cavité , le fil d’Ariane pincé entre deux doigts , les bulles courent sur le plafond pour former de nombreux petits miroirs d’interface, la roche est nue, fracturée, le sol jonché de galets, c’est magique, mais mon cadre inspecte mes manomètres, et fait le signe de demi-tour, index pointé vers le haut animé d’un mouvement de rotation,  il est temps de rentrer, 50 bars  consommés, c’est l’heure du retour,  pour une première c’est vraiment  une belle expérience.

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Arrivé dehors, les yeux encore remplis des bulles étincelantes, et des parois magnifiées par l’éclairage de nos lampes, le cœur gonflé de ce sentiment de l’exploit (dérisoire peut être) accomplis, il nous faut rapidement aider l’équipe à remonter les blocs vers le compresseur pétaradant, situé au-dessus dans la carrière.

Les blocs doivent être bien remplis pour offrir un maximum d’autonomie en toute sécurité.

Il est temps de se changer car le vent glacial n’a pas cessé, et la combi humide ne protège plus beaucoup de ces températures sibériennes. (Ben quoi on est Marseillais ou quoi !)

On contribus cependant à la mise en place et au transport de matériel pour assurer les plongées des palanquées suivantes, une collaboration de toutes et tous, qui participe à la bonne ambiance, dans des aller-retours incessants.

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Il est temps de se restaurer, on partage les pates au pistou et la tarte Tatin entre les petits groupes qui se sont formés.

Puis c’est l’heure du partage des sensations, des remerciements pour la disponibilité de tous ces encadrants et pour l’efficacité de la planification et de l’organisation.

Première journée, vivement demain.

Résurgence du Bestouan .

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Les jours se suivent et ne se ressemblent pas, le vent est tombé soleil au rendez-vous et ambiance plus printanière.

Même quantité impressionnante de matériel, mais cette fois ci moins de portage les roches plates du Bestouan sont à peine à une volée de marche du lieu du parking.

Personne à notre arrivée, sur les roches il y a bien quelques intrépides baigneuses, des habituées qui nagent face à la plage, bonnet de bain sur la tête et non pas bonnet de laine.

Nous nous étalons sur les roches face à la sortie du port, après quelques aller-retour tous le matos est enfin réuni, les affaires personnelles également.

La journée s’annonce radieuse, les ordres de passage des palanquées sont inversés, quasiment bibliques, les derniers seront les premiers.

Donc avec Laurence nous passerons dans les derniers, cet ordre ne changera presque rien pour Miria qui se trouvait en milieu de peloton.

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Assis en rond, Jérémie en tant que grand organisateur, nous présente les dernières recommandations ainsi que le descriptif de l’exploration à venir.

Une entrée (ou une sortie)de la résurgence se situe à quelques mètres seulement de notre lieu de bivouac technique.

Comme la veille l'organisation est réglée comme du paier à musique, noria de blocs qui remontent au gonflage, préparation rodée par l'expérience,et pour les participants qui anticipent un peu plus, préparent leur matériel en amont de leur plongée.

Nous participons activement, aux manutentions, aide au capelage, au relevage des plongeurs qui affublés de leurs lourds bi et du double de matériel, ont du mal à se remettre sur pied.

L’attente est plaisante avec le soleil qui nous réchauffe, la mer toute proche les copains et copines avec qui on échange, tout le monde est plus serein fort de l’expérience de la veille. C’est un printemps assumé, presque l’été sous les yeux curieux des quelques badauds intrigués par cette tribu de scaphandriers lourdement harnachés affublé de casques aux phares globuleux.

C’est à nous, matériel fin prêt étalé dans l’ordre d’habillement, dernières vérifications, les détendeurs droits et gauches sont en places sur le devant du torse,  attachés par des bandes de chambre à air "les Kaouechs", code couleur pour les correspondances des manos et détendeurs pour bien équilibrer les consommations des deux blocs, deux ordis bien visibles sur les avants bras. Main libres pour toujours tenir le fil d’Ariane sans jamais le lâcher.

Vient le moment d’attacher et bien régler le casque muni de deux puissants phares.

Et c’est parti pour le saut droit mon cadre qui revient d’une précédente plongée est en surface et n’attends plus que moi.

Nous nous retrouvons devant l’entrée, à peine un mètre et demi de profondeur, c’est surprenant bien que prévenus, l’eau est très trouble en raison du mélange des eaux douces en provenance du bassin versant de la St Baume et de l’eau de mer du Bestouan la halocline est turbulente.

Immersion, à tâtons, je me dirige vers l’entrée, suivi de mon cadre, étrange impression de se glisser dans ce boyau étroit d’un mètre environ sans rien voir de net, le casque cogne contre le plafond, le ventre racle sur les galets du fond, puis au bout de quelques mètres la visibilité s’améliore, l’eau redevient limpide je ne peux m’empêcher de gouter, c’est bien de l’eau douce, à 16 degrès, confirmation par mon ordi, l’eau est légèrement plus chaude que la mer.

Le tunnel étroit cours sur une vingtaine de mètre puis s’élargi un peu, la roche est nue mais pas fracturée, elle dessine  de petites circonvolutions de formes molles presque écailleuses, comme si le tunnel avait été creusé par dissolution.

Le fil d’Ariane est devenu bien visible c’est une corde de spéléo de 9mm environ, solide rassurant.

Il me fallait bien ça pour oser m’aventurer en tête, je me déhale sur le bout sans me servir de mes palmes pour ne pas soulever la partie meuble du fond, quoique sur cette portion il y a surtout de petit galets arrondis.  Changement de détendeur et donc de bloc, la conso reste raisonnable par rapport aux émotions suscités par ce nouvel univers souterrain.

Je me retourne souvent pour vérifier, toujours un peu anxieux tout de même, que mon cadre me suit toujours de près, et afin d’avoir une vision dans le sens du retour pour assurer des repères visuels, et pour contempler le plafond, là pas de bulles, le courant quoique faible emporte nos bulles au fur et à mesure de notre progression.

Nous arrivons à un puit de deux à trois mètres de large qui descend sur une dizaine de mètre, devant nous une participante du stage contemple la roche, les différentes anfractuosités, accrochée au fil d’Ariane, elle semble attendre ses coéquipiers qui sont restés en arrière.

Je crois comprendre qu’elle nous demande de passer, et descendons devant elle, le fil d’Ariane change de couleur et de direction, suivant l’orientation naturelle du tunnel, c’est toujours grisant de découvrir ces nouvelles directions, nous suivons toujours la galerie immergée à l’horizontale ou légèrement descendante puisque nous arrivons à une profondeur d’une vingtaine de mètres.

Changement de détendeurs, contrôle des pressions, c’est Ok, pas trop de différences entre les réserves d’air.

Mon éclairage est nettement plus performant que celui de la veille, plus puissant, avec un faisceau plus large je profite grandement de ces paysages souterrains, de cette eau claire, ma technique aussi est meilleure j’incline le buste tourne la tête, n’ai plus à vider mon masque constamment, je prends vraiment plaisir à cette exploration.

Le fond semble plus meuble un peu limoneux, je le sens aussi sous mes palmes que je n’utilise toujours pas. Je me tire sur la corde pour découvrir toujours plus, pour voir encore un peu plus loin, profiter de cette incursion dans ce monde hypogé, enthousiaste dans ce rôle d’"aventurier."

Je sais aux vues de mes manos que le temps du retour est proche, quelques dizaines de mètre plus loin Michel, mon cadre du jour, un autre Michel, me tire par les palmes, tchèques mes manos et me propose de faire demi-tour. Règle de quarts!  Frustrant, il reste tant à découvrir but sed lex !

Je me retourne alors et consternation, la visi n’excède pas 30 cm, juste un petit bout de fil d’Ariane visible, heureusement, bien accompagné par Michel je reste confiant me disant intérieurement que sans lui en sécurité derrière j’aurais été très angoissé de cette situation.

Dans mon déplacement apparemment trop rapide, sur ce fond argilo-limoneux, j’ai soulevé des particules, troublé l’eau sans délicatesse, je me culpabilise me comparant à un sanglier dans sa bauge.

De toute façon nous n’avons plus le choix, il faut retourner, le fil d’Ariane prends là toute son importance, c’est une réelle ligne de vie, pourvu qu’elle ne se décroche pas.

Nous avançons rapidement dans le sens du courant, attiré par la sortie, comme des chevaux sentant l’écurie, Michel me rattrape par les palmes et me fait signe d’aller moins vite, je n’y avais pas pensé mais en allant moins vite le courant aurait dégagé le trouble devant nous et nous aurions ainsi pu retourner dans l’eau claire.

On arrive au niveau du puit ; ascension.

Puis on monte un peu au-dessus du boyau de sortie, il y a là en effet une poche d’air respirable, le temps d’échanger un signe de connivence puis nous repartons vers la sortie, une lueur au bout, je sors de la matrice, une nouvelle naissance, le casque cogne un peu au toit,  le ventre au contact des galets, la lumière au bout du tunnel, nous voici dehors, un grand sourire une bien belle explo.

Nous nageons lentement vers les roches plates, confions notre matériel à l’équipe de remonté des blocs, comme nous y avions participés auparavant en attendant notre tour, et rejoignons la terre ferme en empruntant l’échelle dédiée, prévue par l’Organisation Irréprochable.

Trois morses en souterraine le sourire au lèvre, heureux (ses)de se retrouver là et d’avoir partagé cette Aventure…initiatique., On s’en souviendra de notre trio : Laurence, Miria et Luc, au sein de ce groupe de 13 Initiés.

Belle ambiance, on se change on échange    nos impressions, notre expérience ressentie, nos sensations, débriefing en cercle en partageant salades et fromages, attentif(ves) aux Anecdotes de sauvetages réalisés par cette équipe de pro qui travaille de concert avec les pompiers pour les sauvetages en spéléo.

J’ai appris là qu’il me restait beaucoup à apprendre, la personne que nous avions doublée dans le puit ne nous avait pas demandé de passer, une erreur d’interprétation, j’en reste confus d’autant plus que je leur ai troublé l’eau et la visi par une avancée trop rapide.et bien d’autres choses encore, peut être au cours d’un prochain exercice en perfectionnement.

Il est temps de remonter le matériel de l’expédition car pour nous c’en était vraiment une.

Un grand merci à toute cette sympathique équipe, qui a su nous mettre en confiance, par la solidité de son organisation, son savoir-faire, son professionnalisme  bien qu’étant constituée de bénévoles.

Donc Merci à Michel Philipps, Michel Guis, Laurent Basset, Isabelle Simonet, Pierre goupil, Patrice Cabanel, Maxence Fouilleul et Bien sûr Jérémi Prieur Drevon, qui a pris de son temps pour nous partager sa passion, qui a passé une partie de la nuit à regonfler les blocs pour assurer la journée du lendemain. Et qui a occupé aussi une grande partie de la semaine et plus à tout organiser, autorisations, matériel, cadres...

Est-ce que vous saviez que nous avions dans le club un guérisseur ?

Gégène, même s’il habite à Rognac, est un vrai et pur Marseillais.

Samedi en 15, Gégène qui s’inquiète  de mon œil ayant subi une greffe de cornée, prend la décision après avoir dégusté ensemble une bonne pizza, de monter voir la Bonne mère avant de rentrer chez lui.

_ Je vais monter les escaliers de Notre Dame de la Garde pieds nus,  pour toi et le Dido qui ne va pas bien (pour ceux qui ne le connaissent pas, un ancien du club, Gabriel DI DOMENICO, l’auteur de la série « Le Tétard » 

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Coquinasse de coquinasse, il l’a fait ! Pieds nus ? Je ne sais pas, en tout cas sans les pois chiches secs dans les chaussures comme le veut la tradition, ou cuits pour les magouilleurs.

Oh Bonne Mère ! Il me semble que mon œil va un peu mieux et que la greffe prend.

Notre Gégène est notre sauveur à Callelongue, il l’avait déjà fait pour Marc Morand qui peut  confirmer la réussite de sa dévotion.

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Ah ! Notre Gégène est une « figure » à Callelongue, il craint « dégun » et « s’escagasse » pour nous.

Merci mon Gégène !

Ce samedi Saint de l'avant Pâque, chez les Morses su bout du monde, 14 plongeurs étaient présent, dont 7 plongeuses et 1 Toulousain, 2 Parisiens et 2 Suisses.

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Départ de notre embarcation le Morse à 9h30, avec comme pilote et DP Laurence, direction la grotte à "Perez".

Durant cette plongée certains de nos plongeurs auraient vu une baudroie de très belle taille, mais hélas pas de photographe pour l’immortaliser ( images sous-marines de Guy)

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Midi 15 sonnant je suis allé chercher notre pizza à la "Grotte" où j'ai pu y découvrir la Pizza spéciale de Pâque, (voir sur photo).

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Après que Marc et moi ayons dégusté cette pizza, les plongeurs s'étant changés ont pu passer à table sur notre terrasse.

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